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luego escribes el mensaje y le das a AGREGAR y ya!!!
GRACIAS, monika,ester,laurence
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    July 20 7:09:48 AM
    hola queridas hermanitas soy francisco de hurlingham (argetina) encotre la direccion de casualidad pero ya que estioy les mando un gran saludo aca la comunidad se prepar el retiro de invierno, rezamos mucho por ustedes.
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    July 18 9:50:45 AM
    Hermanas,,,queridas del alma....somos la comunidad de Merlo-moreno, les mandamos muchos cariños argentinos. Nos ha gustado mucho su pagina y sus fotos. Dios las bendiga, !!!las queremos!!!.Isa Garcia. Patricia C. Mercedes,Teresa, Astrid y Ana.
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    June 14 6:35:53 AM
    Felicitaciones por la graduacion,Fiesta me hace muy feliz verlas tan contentas y dando sus vidas en medio del pueblo que Dios les confia,
    sus sonrisas dejan ver el gran tesoro que llevan por dentro, Cristo en sus Corazones.Corazón rojo
    Un abrazo gigantesco desde Argentina para todos los hermanos de por alla (gracias a ustedes ya los hicimos muy nuestros) julia y el padre yang, paula y park, cecilia y las hijas de lidia en fin todos...Hermanas las tengo siempre presente en mis oraciones.
    Que la virgen Maria las acompañe siempre y las cuide mucho de todo peligro. RisaDiego Misionero Servidor Arg.
     
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    February 20 9:28:25 PM
    Hola me llamo María Celeste, soy de Corrientes , Argentina tengo 19 años...escribo para alentarlas en su labor misionera,para q sigan llevando esperanza ...la Esperanza de Cristo a muchos hermanos q todavía no lo conocen.
    Quiero felicitarlas por su música, me ha ayudado un montón, especialmente la canción "Amar lo que soy", y otras más q no recuerdo el nombre, pero q son buenísimas, me gustaría poder contactarme con ustedes y así compartirles mi experiencia misionera con una Comunidad de jóvenes franciscanos...también me encantaría poder conseguir su música, realmente me encanta...las letras me fascinan.
    Me voy despidiendo, con la esperanza de poder contactarme con ustedes, un abrazo en Cristo y María.
               Paz y Bien.
                                 
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    January 30 1:25:48 PM
      Hola escribo desde Chile... me anima muchísimo ver sus imágenes y reconocer cómo Dios hace su obra con tanto cariño...
      Además me alegra ver el rostro  de misioneras, hermanas, que conocí en Argentina, un abrazo muy grande desde estas tierras que siguen acompañando a la comunidad servidora,  que María nuestra madre les siga acompañando en su entrega.  Con mucha alegría y mi oración, Gabriela.
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Servidores del Evangelio 하느님 자비의 종

Servants of the Gospel of God's Mercy: MONIKA, ESTER and LAURENCE "nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que le monde où Dieu nous a mis est le lieu de notre saintete ..." Madeleine Delbrel
June 30

Printemps 2008 - Partage 15

« Mes chemins ne sont pas vos chemins ... » Is. 55

« Je vous le dis, cette veuve qui est pauvre, a mis plus que tous ceux qui mettent dans le trésor. 

Car tous ont mis de leur superflu, mais elle, de son indigence,

a mis TOUT ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Mc. 12, 43-44

 

Séoul, 23 juin 2008

       안녕하세요 ! Annyonghasseyo !

    Mars 2008 … les vacances !

 

Un de mes frères me demandait un jour : mais que fait une missionnaire pendant ses vacances ?  Très bonne question ! Nous ne sommes pas habituées à nous considérer « en vacances » ! La mission … elle continue toujours, même en vacances ! Mais c’est vrai que notre situation coréenne est spéciale, l’apprentissage du coréen exige tant d’attention, tant d’efforts pour nos neurones occidentales (les mêmes que fournissent nos frères asiatiques quand ils doivent apprendre le français, l’anglais ou une quelconque langue européenne) … que vraiment les vacances « mentales » sont bien nécessaires pour ne pas perdre la tête !!!

             Alors nous avons pris le temps de nous reposer, de rencontrer les amis plus vus depuis longtemps …, de faire des choses que nous n’avons pas le temps de faire pendant la période des cours intensifs. Par exemple, nous avions invité depuis longtemps le Fr. Marc de Taizé à venir chez nous pour nous partager son expérience en Mongolie.  Je pense que je vous en avais déjà parlé … Le Fr. Marc, suisse d’origine et en Corée depuis plus de 20 ans, est artiste ; c’est lui avec toute une équipe qui a réalisé les vitraux de la Cathédrale d’Oulan-Bator (cf. la photo du centre, la Cathédrale a la forme de la yourte, la tente des nomades).  En août dernier ils les ont installés là-bas, mais c’est surtout son cœur missionnaire qui s’est « installé » dans l’Eglise de Mongolie ! Il m’en parlait toujours avec tellement de chaleur et d’émotion, que nous l’avons invité à la maison pour partager cela avec Ester et Monika.  Il est venu avec la carte de Mongolie, des photos, et s’est mis à nous raconter dans les détails toute l’aventure de cette jeune Église « née » en 1992 !  On a fini l’après-midi avec le film La caverne du Chien jaune (mongol Shar nokhoïn tam, allemand Die Höhle des gelben Hundes ; film germano-mongol réalisé par Byambasuren Davaa, sorti en 2005). Ce film a été tourné non pas avec des acteurs mais avec une vraie famille ! Les enfants sont émouvants de spontanéité, les paysages sont magnifiques … On vit au rythme de la vie dans la steppe, on entre dans la yourte, cette tente typique des nomades de Mongolie … Si vous avez l’occasion de le voir, vous vous laisserez plonger dans l’atmosphère de Mongolie, et vous comprendrez peut-être un peu plus pourquoi le Fr. Marc est « tombé amoureux » de ce pays !

             En mars aussi nous avons participé à une rencontre chrétienne japonaise-coréenne sur le thème de la paix.  L’Evêque auxiliaire d’Osaka est venu à Séoul avec quelques jeunes japonais pour parler des efforts de paix que l’Eglise tente de soutenir au Japon … où l’Article 9 de la Constitution est remis en cause ces derniers temps.  Cet Article défend la paix et surtout l’absence d’armée au Japon, et cela depuis la fin de la 2ème guerre mondiale.  Ici en Corée, cette rencontre était très importante puisque le peuple coréen a beaucoup souffert durant l’occupation japonaise (de 1910 à 1945), et attend de la part de ce pays des gestes de pardon et de réconciliation (un peu ce qui s’est vécu en Europe, entre le peuple français, polonais et l’Allemagne). Il y a eu des temps de conférence, d’échanges, de questions … Akiko, une jeune qui accompagnait l’Evêque, est proche de notre Communauté à Osaka !  Peu à peu nos liens se tissent entre le Japon et la Corée ...

             Première Semaine Sainte en Corée

             Et puis, c’était déjà le temps de la Semaine Sainte, la toute première pour nous en Corée ! Le dimanche des Rameaux nous avons fait un temps de prière avec Yeseul et Stéphanie (la volontaire MEP), essayant de nous introduire dans les sentiments de Jésus à l’aube de la Semaine de la Passion, celle de l’Amour.  « Moi, je ne t’oublierai pas.  Vois, je t’ai gravée dans la paume de mes mains. » (Is. 49,16) À la lumière de son Amour immense incapable de nous oublier, nous avons lu les textes de la Passion durant laquelle Jésus s’est souvenu de moi, de nous, de chaque personne, acceptant les moqueries, les coups, les blessures, la nuit ... pour moi.  J’étais très touchée cette année par le besoin qu’a Jésus de compagnons qui soient avec Lui jusqu’au bout, qui ne Le laissent pas seul.  Les circonstances de Corée m’ont rendue tellement plus sensible à l’abandon ..., celui de Jésus est si grand dans notre monde, c’est sa Passion dans tant de coeurs : « et ils n’ont pas compris que je prenais soin d’eux ... » dit le prophète Osée (Os. 11).

             Nous avons participé aux offices dans la paroisse près de chez nous ; le Jeudi Saint au matin, nous sommes allées à la Messe Chrismale à la Cathédrale de Myong-Dong … quelque chose de vraiment impressionnant ! Imaginez-vous cette grande église remplie, au moins plus de la moitié, par les prêtres du diocèse de Séoul ! La procession d’entrée était interminable ! À ce moment-là je me souvenais de Paeron, le tout premier séminaire de Corée … avec ses pauvres premiers séminaristes, presque tous morts martyrs.  « Le grain de blé qui meurt porte beaucoup de fruit … Le sang des martyrs est véritablement semence de chrétiens.  Une vive émotion d’écouter autant de prêtres redire ensemble leurs promesses sacerdotales, prier autour du Cardinal. En ce jour de l’amour fraternel, nous prions pour que l’Eglise de Corée soit de plus en plus missionnaire, au service du besoin d’autres jeunes Églises d’Asie … ou d’Europe ! 

La Veillée Pascale, nous l’avons vécue avec nos frères missionnaires de la Consolata, dans le Centre de dialogue interreligieux qu’ils ont près de Séoul.  C’était une veillée très simple, comme toujours avec eux, internationale ! Kenya, Colombie, Espagne, Italie, Portugal, Corée … Ce soir-là, Lola, une des nos responsables était parmi nous. Comme elle s’était assise à côté de moi, j’ai essayé de lui traduire l’homélie ! Le prêtre qui prêchait était Diego, italien, ce qui a facilité les choses !

Pour la première fois nous avons entendu le chant de l’Exultet en coréen annonçant l’oeuvre divine de la Résurrection, la Vie plus forte que la mort ... Seul Dieu peut faire cela, re-créer là où il n’y avait plus rien.  Je Lui disais en ce soir de Pâques : Seigneur, je sens le besoin de graver à feu cette certitude dans le coeur et l’esprit, pour que dans toutes les épreuves, les nuits – les miennes, celles de mes frères – je ne doute plus que Toi, Tu vas intervenir, Tu peux tout sauver, que vraiment rien n’est jamais fini pour Toi.

Trimestre du printemps, visite de Lola

Déjà le lundi de Pâques, nous reprenions les cours du printemps !  C’est dans le rythme des classes, des devoirs, des présentations orales (de plus en plus nombreuses à partir du niveau 5) que l’expérience de Pâques s’est gravée un peu plus en nous … Je ne peux pas vous cacher que pour moi ce « niveau 5 » a été très difficile !  Combien de fois je me suis demandé ce que je faisais là, au milieu de mes compagnons de classe tous asiatiques (chinois, japonais, malaysien, indien) qui semblaient à l’aise dans ce niveau, alors que moi je nageais complètement !  Le niveau était élevé parce que plusieurs d’entre eux étaient des étudiants d’échange dont les études principales sont la langue coréenne ! Quelle avance par rapport à nous ! Il a fallu apprendre à vivre cela sans stress, accepter de ne presque rien comprendre pendant certaines heures de cours … Une expérience de Pâques … de mort et de résurrection continuelle, de resituer ce qui est essentiel et ce qui l’est moins, de reconnaître encore et toujours qu’il faudra beaucoup de temps pour apprendre, mémoriser les mots de plus en plus compliqués … Heureusement, nous sommes toutes les trois en train d’apprendre, on peut s’aider énormément à comprendre les choses et surtout à « relativiser » quand on se prend trop la tête !  Mes compagnons de classe malgré mes difficultés à m’exprimer sur certains sujets étaient très patients avec moi. J’ai même eu le cadeau de la présence dans ma classe de Khyan, étudiant de l’Inde, qui connaît bien l’espagnol et était ravi de pratiquer avec moi ! Je m’asseyais souvent à côté de lui pour qu’il m’aide à ne pas trop me perdre pendant les cours !  Il est ici pour faire un master en politique internationale.  Le matin il suivait les cours de coréen avec nous, et l’après-midi il avait ses cours de politique en coréen ! Vous voyez le niveau ! 

Le début du trimestre a été bien occupé puisque Lola était avec nous, et nous profitions de lui faire connaître Séoul, rencontrer nos nombreux amis … Nous sommes retournées avec elle à la frontière de Corée du Nord, à l’observatoire de l’unité.  Peut-être que plus encore que la première fois la réalité de Corée du Nord nous secouait profondément, on est un peu plus conscientes de l’abîme qui sépare les deux pays … Depuis que le Président a changé (en décembre), la politique vis-à-vis de la Corée du Nord s’est endurcie.  Le nouveau gouvernement ne veut plus si facilement aider le Nord en nourriture, sans véritable échange avec le Gouvernement de Pyong-Yang.  On exige de lui des mesures par rapport à l’armement nucléaire et surtout on met le doigt sur le viol des droits de l’homme au Nord.  Tout cela n’est pas simple … Quand je rencontre les prêtres ou missionnaire francophones, je reçois un peu d’explications de la situation entre les deux pays frères.  Hier, dimanche, c’était en Corée le jour annuel de prière pour l’unité de la Corée.  Le 25 juin est la date du début de la Guerre de Corée (1950-1953), c’est pour cela que le dimanche qui précède, L’Eglise continue de porter dans la prière l’espoir de la réunification …  Depuis cette dernière visite à la frontière, j’ai lu le récit du P. Célestin Coyos (MEP) Ma captivité en Corée du Nord (Grasset, 1954), un livre dans lequel ce missionnaire prisonnier de l’Armée du Nord dès le début des hostilités (juin 1950) raconte « telles quelles » les horribles circonstances de leur arrestation, de la funeste Marche du Nord – durant laquelle beaucoup de prisonniers, des missionnaires, prêtres, religieuses, des civils sont décédés d’épuisement -, de leur emprisonnemet qui dura le temps de la guerre (1950-1953) ... Récit qu’il a écrit après son retour inattendu – tout le monde le croyait mort à cause de sa santé très fragile ! – pour faire mémoire. En découvrant cette page de l’histoire que j’ignorais complètement, je me disais qu’en Corée, il n’y avait pas eu seulement les martyrs du XIXème siècle, mais que le XXème avait lui aussi volé la vie à tant d’hommes et de femmes, certains à cause de leur foi, d’autres, par la haine qui divisait le Nord et le Sud, blessure encore ouverte aujourd’hui ...

Avec Lola, nous avons bien sûr eu un rendez-vous avec notre Evêque, Mgr You, à Deajeon ! Comme toujours, il nous a reçues avec un grand sourire, nous a demandé quand nous arriverons là-bas … En lui partageant l’expérience des derniers mois, nous lui avons parlé de Maria (cette femme consacrée de Jirisan) qui avait été professeur pendant plus de 30 ans dans une université de Daejeon, et qui nous avait encouragées à travailler comme elle auprès des étudiants.  En écoutant cela, Mgr You a immédiatement pensé à une autre dame, professeur elle aussi, qui pourrait nous accompagner dans nos débuts apostoliques à Deajeon.  Aussitôt dit, aussitôt fait (nous sommes en Corée !) il l’appela par téléphone pour nous présenter et lui dire de s’occuper de nous !  Il nous a redit qu’il était heureux de nous recevoir bientôt, qu’on prenne le temps de découvrir le diocèse et ses activités … Peu à peu le Seigneur nous fera découvrir aussi ce que nous pourrons apporter, même si Monika et moi devrons encore étudier le dernier trimestre (niveau 6) …

Depuis cette rencontre avec Mgr You, nous avons aussi fait la connaissance du P. Poncet (MEP) qui est très proche de l’Evêque, professeur au séminaire de Daejeon.  Lui-même au début de son ministère en Corée a vécu une mission avec les étudiants, un apostolat au cœur de l’université … il nous parlait de cette époque comme la plus heureuse de sa vie missionnaire ici !  Et nous disait que Mgr You lui a demandé, quand on sera là-bas,  de nous raconter comment il avait commencé cet apostolat, comment il faisait … Je crois qu’elles pourront faire quelque chose comme toi, auprès des jeunes …

Nous sommes très heureuses de cela, on avait un peu peur qu’on nous mette en paroisse comme c’est le cas de beaucoup de religieuses ici ; elle sont limitées à travailler dans la paroisse, parfois presque uniquement au service des prêtres … sans tenir compte de leur charisme particulier. 

A Deajeon nous sommes aussi passé voir nos sœurs carmélites !  Et nous avons fait la connaissance de Sr Maria, une coréenne qui a vécu pendant 10 ans dans un Carmel en Espagne !  Pour des raisons de santé, elle est revenue dans son pays (pour être soignée avec la médecine traditionnelle), mais nous disait combien c’était pour elle un détachement très fort … On la comprenait bien !  Elle était vraiment heureuse de nous voir, de parler l’espagnol ! Elle nous partageait aussi son désir de communiquer aux sœurs du Carmel de Daejeon une manière peut-être un peu différente, plus ouverte, de vivre l’amour fraternel entre elles, de se partager la foi … Elle nous demandait notre prière et notre aide.  Elle nous a même proposé de donner quelques cours d’espagnol à la communauté, pour que toutes, elles puissent lire les œuvres de Ste Thérèse d’Avila et de St Jean de la Croix dans leur langue originelle.  On verra cela à partir d’octobre !  La Prieure s’inquiétait pour notre vie en Corée (de quoi vivez-vous, comment vous fonctionnez économiquement …), et à la fin de notre conversation avec Sr Maria, elle nous a remis une grosse enveloppe  … La générosité sans mesure des coréens encore une fois !

Fin mars, quelque chose que nous attendions depuis longtemps … la rencontre avec le Fr. Ghislain de Taizé (il est le premier frère catholique entré à Taizé, il est belge, frère d’une femme écrivain que vous devez connaître, Colette Nys-Mazure).  Fr. Ghislain voyage continuellement en Asie et Océanie, visitant les petites fraternités, les groupes de prière de Taizé … A Séoul, il y avait un WE de prière organisé par notre ami Jeaseon (Peter, rencontré au tout début, la seule fois que nous sommes allées à la Cté de Taizé à Séoul).  Nous n’étions pas très nombreux, mais nous avons pu prier  - le thème était « Reposez-vous un peu ... » - , écouter l’enseignement de ce frère-voyageur universel, échanger à partir de la Lettre de Cochabamba du Fr. Aloïs.  Je retiens surtout les paroles de paix, de sérénité de ce frère … Il redisait une parole de leur Prieur à Pâques (dans son message pour les frères): Dieu n’est jamais fatigué de nous rejoindre, de venir nous re-chercher … C’est nous qui nous fatiguons de recommencer … Ça me rejoignait beaucoup au cœur de mes fatigues du coréen !

Le 6 avril, j’étais la marraine de confirmation de Yeseul.  Vous souvenez-vous d’elle ? Nous la connaissons de la résidence étudiante où nous étions au tout début, l’année dernière elle avait étudié quelques mois en France.  Yeseul m’a écrit une lettre où elle expliquait : depuis longtemps, j’ai pensé que je recevrais la confirmation quand j’aurais trouvé une personne que je veux respecter comme chrétienne.  Enfin, je t’ai trouvée ! Je remercie beaucoup Dieu de t’avoir rencontrée (Ester et Monika aussi !) Il me reste beaucoup pour connaître Dieu et tu seras mon courage quand je marcherai vers Dieu dans ma vie. Yeseul … J’étais bien sûr la seule étrangère à être marraine au milieu de tous ces confirmands (ils étaient très nombreux !).  Grâce à elle, j’ai pu renouveler moi aussi le don de l’Esprit Saint.  J’en avais bien besoin !  Avec Yeseul nous nous retrouvons presque tous les samedis pour prier, partager un peu …

En avril avec le P. Park, nous avons commencé un petit apostolat : groupe de prière 2 fois par mois avec des infirmières catholiques, à l’hôpital Ste Marie.  Chaque rencontre est basée sur un thème de la foi (les vérités de la foi : Dieu nous a donné la vie, Il est Amour, sa Vie en nous est éternelle …), on commence par chanter beaucoup des chants sur le thème du jour, puis quelqu’un donne quelques pistes de prière, on distribue à chacun une citation de la Parole de Dieu pour méditer en silence, puis librement celles qui le veulent peuvent lire la citation ou dire une intention.  Au début c’est le P. Park qui préparait les pistes de méditation, puis après chacune à notre tour, nous l’avons fait !  Une première !! Comment dire en coréen de telles choses ? Un beau devoir à rédiger, à envoyer par mail à notre ami prêtre pour qu’il le corrige … et puis, s’exercer beaucoup de fois pour pouvoir le lire aux infirmières !  On se sent un peu limitées, peu naturelles … puisqu’on lit, mais c’est par là qu’il faut commencer ! Le P. Park est très soucieux de nous aider à faire nos débuts comme ça, à nous lancer peu à peu dans la mission. Malheureusement, au retour de l’été nous partirons à Deajeon … On ne sait pas si on pourra continuer à l’accompagner là.

Deuxième anniversaire en Corée ..., Pentecôte ..., anniversaire de Bouddha ...

Avec lui aussi on a vécu notre deuxième anniversaire d’arrivée en Corée, le 24 avril !  Il a célébré la messe à la maison.  L’Evangile du jour était celui de la vigne et les sarments (Jn 15) « Demeurez en mon Amour ... Je vous le dis pour que votre joie soit parfaite ». Le P. Park nous remerciait d’être venues en Corée, pour tout ce que nous avons « souffert », pleuré, vécu durant ces deux années … et nous disait au nom de Jésus : l’essentiel, c’est que vous demeuriez en mon Amour … Peut-être vous pensez : durant ces 2 ans, on n’a presque rien fait, juste étudié le coréen … mais, non, vous avez fait beaucoup, simplement votre présence parmi nous est beaucoup, même si c’est difficile de parler, sans parler on peut être beaucoup, et c’est ça le plus important ! Ensuite, durant le repas (au restaurant, comme il se doit ici !) il nous demandait quelle avait été la chose la plus difficile et laquelle avait été la plus heureuse durant ces 2 années.  Chacune on s’est mise à réfléchir et à répondre … Moi je ne savais pas dire précisément « une » chose, mais je me suis souvenue, en écoutant sa question, d’une parole de Mgr Garnier lors de mon envoi en Corée (en 2006) : Tout ce que tu feras au plus petit des coréens, c’est à Moi que tu le feras (cf. Mt 25) … et le Seigneur me faisait tout-à-coup prendre conscience que la moindre chose, la moindre petite parole sortie en coréen de ma bouche durant ces 2 premières années ici, Lui l’avait reçue, l’avait bénie … même si moi je sentais souvent le ridicule, l’humiliation ou la limite … Une nouvelle expérience de sa miséricorde.

             Et puis est arrivée la fête de Pentecôte … la 3ème pour nous déjà ici ! Plus que jamais conscientes de l’immense besoin du réconfort de l’Esprit Saint.  « Cette rosée de Dieu nous est bien nécessaire ... pour que là où nous avons l’accusateur, là nous ayons le Défenseur.  Car le Seigneur a confié à l’Esprit Saint l’homme qui est sien ... » (cf. St Irénée). Ce dimanche-là, le P. Durand (MEP), aumônier du Carmel de Séoul, nous avait invitées chez lui.  Encore une belle leçon de découverte de la mission en Corée – il est ici depuis les années 60, a vécu l’après-guerre de Corée, le temps de la dictature, des contrôles permanents ... - !  L’après-midi, nous avions rendez-vous avec Sr Mari-Cecil et les autres Carmélites fondatrices du Carmel au Cambodge, présentes quelques jours à Séoul.  (Je vous l’ai raconté dans le message de Pentecôte).  Elles sont comme nous en plein apprentissage de la langue, de la culture … nous nous comprenions très bien ! 

L’esprit d’universalité de la Pentecôte continuait le lendemain, 12 mai, jour anniversaire de la naissance de Bouddha !  En passant devant une église catholique, on a vu une grande banderole affichée sur son parvis avec ces mots : "Nous aussi nous nous réjouissons avec vous pour la fête anniversaire de Bouddha!" ...  l'Eglise se réjouit avec ses frères bouddhistes! Comme ce jour est férié en Corée – à l’égal que le jour de la naissance de Jésus, le 25 décembre -, nous n’avions pas cours.  Le P. Laurencio nous a emmenées dans un grand temple bouddhiste dans la montagne où il y avait un monde fou … L’après-midi, loin de la foule, nous avons marché plusieurs heures dans la montagne de Bukhansan.  Comme il connaît très bien ce lieu, il nous a guidées sur des sentiers où il n’y avait pas trop de monde … chose pas simple si près de Séoul !

             Un peu avant nos derniers examens, Ester s’est présentée à un concours de coréen pour étudiants étrangers.  Le sujet de son discours (de 3 minutes !) était sur la réunification Nord-Sud.  Elle a obtenu le 2ème prix, non seulement pour la qualité des ses paroles en coréen, mais aussi pour le sujet qu’elle porte tellement à coeur bien avant la venue de notre communauté ici !  Nos professeurs étaient très fiers ! Et nous aussi ! Khyan, mon ami indien, a reçu le 3ème prix.  Parmi les étudiants, il y avait des jeunes de Chine, de Mongolie, des Phillipines, du Japon, d’Australie, de France, du Bangladesh …

             Et nos examens ? on les a préparés le mieux qu’on a pu … Comme notre école valorise beaucoup le travail quotidien, les devoirs, la participation en classe …, ça m’a sauvée (j’ai même mieux réussi le niveau 5 que le 4 !)!  L’examen oral était une présentation avec power point sur le thème qu’on voulait, mais sur base de statistiques ou de graphiques à commenter ! Le but étant d’analyser cela en utilisant les expressions adéquates … Je me disais que même ça en français je ne l’avais jamais fait !!!  Le 30 mai c’était le souryoshik (cérémonie de remise de prix, de fin d’études pour certains). Ester et Monika portaient la « toge » pour ce grand moment! (Moi je n’y ai pas eu droit parce que je n’ai fait que 2 trimestres dans cette université.  Mais la veille au soir, comme on avait les costumes à la maison, je n’ai pas pu échapper à la séance photos ! Sur le blog vous pouvez les voir). Ester a donc terminé l’école de coréen, les 6 niveaux ! Monika et moi, on fera le 6 à Deajeon après l’été !  Tout le monde sait que finir l’école ne veut rien dire, que l’étude du corée continue … pour longtemps.  La pratique orale surtout, et puis on nous dit de commencer à lire des livres pas trop difficiles, des articles de journaux simples ! 

             Juin 2008 ... les “grandes vacances”!

             Et nous voilà en « grandes vacances » depuis le 30 mai !  Le 5 juin, la santé du Cardinal Kim étant un peu meilleure, nous avons pu le rencontrer durant une vingtaine de minutes, chez lui.  Il est très malade, affaibli, mais était très attentif, nous posant à chacune des questions sur notre pays, sur notre communauté … Ces quelques minutes très émouvantes – c’est certainement la dernière fois que nous le voyions – on les a vécues comme « le testament » que nous léguait cet homme de Dieu, la figure certainement la plus aimée et la plus chère de l’Eglise catholique en Corée.  On désirait le rencontrer depuis longtemps, mais sa santé était si mauvaise – en décembre dernier tout le monde pensait qu’il allait décéder – qu’on y avait presque renoncé.  C’est grâce au P. Laurencio que ce moment « historique » a pu avoir lieu.  A la fin des 20 minutes, il s’est péniblement levé de son fauteuil, et nous a donné sa bénédiction … on ne pouvait retenir nos larmes.  Merci, Seigneur, pour nous redire combien Tu nous attends ici, combien Tu nous fais prendre le relais de frères dans la foi si saints …

             Pendant ce temps de vacances des cours, on a pu revoir notre ami tibétain, Ngawang … Vous connaissez la douloureuse situation de son pays.  En le revoyant et en l’écoutant nous parler avec sérénité, je pensais : Ngawang est un homme comme nous décrit l’Evangile (dans les Béatitudes) : Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre, heureux les artisans de paix, ceux qui ont soif de la justice … Dieu nous donne ici des frères « apparemment incroyants » si remplis de sa bonté, de sa « bonne volonté » … Un autre jour, nos amis de classe sont venus cuisiner chez nous des plats de Chine et de Malaysie … Et puis, moi, durant ces semaines de juin, je vais faire quelques heures de bénévolat au dispensaire St Joseph, qui offre des soins gratuits aux personnes qui vivent dans la rue.  Ce petit hôpital a été fondé il y a 20 ans par un médecin coréen, qui a consacré sa vie (il ne s’est pas marié) à ces malades, ces frères abandonnés par la société, souvent alcooliques à cause de la misère.  Certains d’entre eux ont pu sortir de là, aidés par ce médecin qui a eu une immense confiance en eux … Aujourd’hui, ils se sentent un peu tous orphelins depuis le décès de ce médecin, au mois d’avril 2008 … C’était un père pour eux, pour les volontaires innombrables qui viennent aider là chaque jour.  Maintenant, c’est le P. Lee Mun Ju (« Merlin l’enchanteur ») qui substitue un peu le directeur, puisqu’il était un ami très proche du médecin depuis les débuts de l’hôpital.  C’est comme ça que le premier jour où j’aidais dans la cuisine, je me suis retrouvée face à face avec le P. Lee Mun Ju, lui tout aussi surpris de me voir là que moi de le rencontrer dans cette cuisine !  Le monde catholique reste petit malgré tout à Séoul !

Qu’est-ce que je fais dans ce dispensaire ? Chaque jour, c’est différent, selon les besoins.  Parfois j’aide un peu dans la cuisine – si on me laisse travailler ! parce comme je suis missionnaire « religieuse », les dames bénévoles veulent tout faire elles-mêmes, elles me font juste goûter les plats ! -, parfois je suis dans la pharmacie, parfois on me demande de nettoyer un peu ... En fait, il y a déjà tellement de gens bénévoles, pas mal de retraités, qui viennent chaque jour – par équipes de jour et du soir (soins jusqu’à 21 heures) très bien organisées – que parfois on ne sait pas très bien quel travail me donner ! Alors on parle ..., je pratique le coréen ! L'excuse c'est la pratique de la langue, mais je sens bien que Jésus veut m'apprendre d'autres choses plus essentielles là ...  J’avais besoin de découvrir de près une autre réalité de Séoul – autre que celle des étudiants « riches » des cours de langue – et, près de la gare de Yongdeungpo où se trouve le dispensaire, il y a une si grande misère

au milieu des grands buildings et magasins de luxe du même quartier ... Il y a cela, mais surtout un amour si beau, généreux,

simple de la part d'une équipe de médecins, infirmiers et simples bénévoles au service de ces frères les plus démunis de la société coréenne. C’est mon école de prière ...

             Vous vous demandez peut-être ce que devient notre ami Peter ... Depuis qu’il est en paroisse (novembre), il est toujours très ppapayo ! (débordé, débordé !)  Nous avons été le voir plusieurs fois chez lui, et hier c’est lui qui est passé chez nous.  Malgré son emploi du temps très chargé, il avait l’air très heureux, heureux de pouvoir fêter bientôt son premier anniversaire d’ordination ... et de nous avoir pour « soeurs » !  Ce samedi, le 28 juin, sa soeur Claire se marie.  Elle nous a demandé de chanter un chant de méditation pendant la messe, nos voix sont si belles – dixit  - .  Et jeudi, on ira à l’ordination des diacres de Séoul, on connaît Andrea ... (celui qui nous a un jour dit qu’il aimerait être missionnaire en France !)

 

             En écrivant – après autant de temps – l’expérience de cette deuxième année de la fondation en Corée, je rends grâce à Dieu pour le fruit de paix et de « sagesse » que cette relecture me donne … Si j’avais écrit plus tôt, j’aurais peut-être raconté les choses trop sur le vif, avec parfois le ton négatif de la fatigue …

             Le Seigneur me rappelle cette Parole du Prophète Isaïe (Is.55) : Mes chemins ne sont pas vos chemins … Et les versets 12-13 : Oui, vous partirez dans la joie, et vous serez ramenés dans la paix.  Au lieu de l’épine croîtra le cyprès, au lieu de l’ortie croîtra le myrte … Il sait très bien où Il nous conduit, ses chemins sont bien plus sûrs que les nôtres, même s’ils ne nous épargnent pas la croix, l’appauvrissement chaque fois plus grand … Mais au lieu de l’épine, là où nous avons senti la douleur, l’épreuve, la fatigue, il y aura la vie, les fruits … On les devine déjà, il faut juste continuer à demander sa patience pour aller jusqu’au bout ...

             La Parole de Jésus qui m’a remplie de paix à la fin de cette année scolaire, c’est celle de l’obole de la veuve (Mc 12, 43-44) : « Je vous le dis, cette veuve qui est pauvre, a mis plus que tous ceux qui mettent dans le trésor.  Car tous ont mis de leur superflu, mais elle, de son indigence, a mis TOUT ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. » Lui seul sait, connaît notre indigence, et pour cela aussi la valeur de nos moindres gestes d’amour et d’offrande ... et Il les remercie infiniment.  La petite Thérèse, notre 4ème soeur de Corée (dont je ne vous ai pas parlé, mais qui ne cesse de nous accompagner de sa joie, de son élan missionnaire) m’a rappelé cette pensée qui l’avait beaucoup aidée elle-même : Un jour, le Dieu reconnaissant s’écriera : maintenant, mon tour !

 

             Que ce Dieu si reconnaissant vous bénisse et vous garde durant cet été,

             dans la joie de vous revoir bientôt – certains d’entre vous en tout cas -,

             je vous embrasse,

 

             Laurence 로랑스

 

            

 

Nouvel An chinois 2008 "Sollal" - suite Partage 14

Nouvelle Année 2008 – Nouvel An Chinois

             Après le départ de nos soeurs du Japon, c’était déjà l’heure de nos examens intermédiaires ... Au coeur de l’étude qui s’intensifiait, le Seigneur continuait de nos présenter de nouveaux amis ! Par exemple Minbae, une jeune étudiante revenue d’un an d’étude en Espagne.  Je l’avais contactée par e-mail, après avoir lu une petite annonce d’elle à Salamanque, l’été dernier lors de notre visite là-bas.  Revenue en Corée, nous nous sommes rencontrées chez nous. Elle était toute heureuse de pouvoir parler en espagnol ! Depuis janvier aussi, à travers le P. Lee, nous avons fait la connaissance du P. Laurencio, un prêtre coréen revenu depuis quelques mois d’Europe où il a étudié la spiritualité (à Rome).  On se voit de temps en temps pour partager, il nous a aussi invité à aller avec lui marcher dans la montagne.

             Comme nous étions assez fatiguées par le rythme intensif du début d’année, nous avons profité des quelques jours de congé de l’école à l’occasion du Nouvel An Chinois (début février) pour aller nous reposer et prier dans le calme, loin du bruit incessant de Séoul. C’est dans la montagne de Jirisan que le Seigneur nous avait préparé un lieu magnifique de repos.  Par un ami missionnaire, nous avions eu l’adresse de Maria, une femme consacrée (AFI), qui vit là-bas, offrant sa petite maison pour tous ceux qui veulent venir prier au calme. Un lieu de rêve pour nous ! Le silence de la nature encore morte de l’hiver, la neige, les oiseaux ... de quoi refaire nos forces physiques, intellectuelles et spirituelles ! Comme la montagne de Jirisan est au Sud de la péninsule, le soleil était preque toujours au rendez-vous. Pendant ces premiers jours du mois de février, alors qu’ici on célébrait le « Sollal », le Nouvel An Chinois, l’Eglise allait entrer dans le temps du Carême (mercredi des cendres)! Nous avons fêté les deux ! Ces mêmes jours, un prêtre de Séoul était en convalescence là-bas, ce qui nous a permis d’avoir la messe !

Puis un jour, lui et une dame amie de Maria, ont voulu nous faire connaître un lieu très mystérieux de la région. C’était dans les bois, après une demie-heure de marche environ, on se retrouvait devant une porte en bois qui barrait le chemin. A droite de la porte, il y avait une grande cloche, un espèce de gong, et un texte écrit qui disait de frapper 3 fois le gong et d’attendre.  Nous, on pensait que c’était une blague, juste quelque chose d’écrit comme ça, quand tout-à-coup, la porte en bois s’est ouverte de l’intérieur !!! On a dû retenir notre cri de surprise et de peur ! Un homme d’une trentaine d’années vêtu d’un espèce de hanbok (vêtement traditionnel coréen) très abîmé, un chapeau sur la tête qui nous laissait à peine deviner son regard, nous fit signe d’entrer ! Si le prêtre n’avait pas été avec nous, je crois qu’on se serait enfui dans l’autre sens !  Une fois passée la porte, on se retrouvait dans un immense paysage enneigé, où dans la blancheur se dessinait toutes sortes d’étranges monuments en pierre, de constructions en bois qui nous faisaient penser à des temples bouddhistes, sans l’être ! Cette région est plutôt profondément marquée par le confucianisme et le shamanisme (pardonnez-moi mon ignorance ...).  Cet homme continuait d’expliquer le lieu ..., nous à cause de l’émotion, on ne comprenait rien ! Ensuite il nous a laissé faire tranquillement le tour du site ... Comme disent les coréens, ce lieu était vraiment « shinkihada » !!!, ça veut dire étrange, mystérieux !

             Le jour du Nouvel An Chinois, Sollal en coréen, les lectures de la messe étaient spéciales ici en Corée.  C’est très beau de voir que l’Eglise accompagne à sa manière ces fêtes traditionnelles. C’était le jeudi 7 février, on lisait dans la 2ème lecture : Vous qui ne savez pas ce que demain sera votre vie ... que ne dites-vous pas au contraire : Si le Seigneur le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela. » (Cf. Ep. de Jacques 4, 13-15) ... des Paroles sages pour commencer une nouvelle année : Si le Seigneur le veut ... Avec ces amis de Jirisan, nous avons mangé les plats typiques du Sollal (tokkouk une soupe, toutes sortes de pantcha qui accompagnent la viande et le riz comme le kimchi, les tokk (gâteaux de riz).

             Le dernier jour de notre séjour là-bas, il fallait absolument que nos amis nous fassent découvrir la Mer du Sud et ses innombrables petites îles (si vous regardez une carte de Corée, vous les verrez).  Et bien sûr, là-bas, on ne peut faire autre chose que de manger du poisson cru ! On en avait déjà goûté à Séoul, mais ce qu’on n’avait jamais mangé encore, c’est le sannakdji (littérallement du poulpe encore vivant !!! ça veut dire que sur le plat, il bouge encore !!!) Comme c’est un mets très excquis, et nous étions invitées, on ne pouvait refuser ! Nous voilà en train d’essayer d’attraper avec les baguettes ces « petits animaux » encore frétillants et qui se collaient avec leurs petites ventouses à l’assiette !!! Après chaque bouchée très longtemps mastiquée – pour ne pas étouffer ! Si les ventouses se collent dans la gorge, c’est très risqué, nous avait-on dit avant de manger ! – je buvais une bonne gorgée de bière de quoi bien faire descendre tout ça ! (sur cette adresse vous pouvez voir la vidéo de Jirisan : http://es.youtube.com/watch?v=kzj3xFMQ4I8)

             Au retour dans le bus (plus de 4 h de voyage), la télé montrait sans arrêt les mêmes images d’un énorme incendie qui avait eu lieu pendant la nuit à Séoul.  C’était la Grande Porte du Sud, Namdaemoun, qui avait été la proie des flammes durant plusieurs heures … Les titres des journaux écrivaient : « 600 ans d’histoire disparus dans les flammes » … Un homme avait mis le feu à cette ancienne Porte de la ville construite tout en bois.  C’était très émouvant de voir les images et les visages en larmes des coréens venus sur les lieux …

             Fin du trimestre d’hiver ...

             Au retour de Jirisan, Monika et moi devions faire un balpio – un exposé oral – pour présenter les résultats d’une enquête que nous avions dû faire au moins à 20 coréens, dans la rue ! De quoi apprendre à nous adresser à des inconnus, moins habitués que nos profs à écouter des étrangers ! Le sujet que j’avais choisi était sur la culture coréenne, comment les coréens eux-mêmes voient leur culture, les richesses et aussi les choses qu’ils aimeraient vivre différemment en voyant les autres pays, etc. C’était très intéressant pour moi, malgré la difficulté d’une telle entreprise ! J’ai beaucoup appris en la faisant, j’ai surtout découvert combien les coréens sont très fiers – dans le bon sens du terme – de leurs coutumes, des traditions de leur pays. Dans une des questions je demandais qu’ils choisissent parmis plusieurs mots quel est celui qui, selon eux, caractérise le plus leur culture. La majorité d’entre eux avait choisi le mot cheong , très difficile à traduire! Le dictionnaire traduit par amour, sentiment, affection, mais on devrait dire aussi compassion, attention à l’autre, générosité ... C’est vrai que « tout cela » on l’a souvent expérimenté ici dans nos relations avec les coréens. Le cheong c’est par exemple quand on va acheter des légumes ou des fruits, la marchande qui vous ajoute quelques fraises dans le sac après avoir déjà pesé le tout ! comme ça, gratuitement !

Un autre mot que les gens avaient choisi était celui de ouri qui signifie nous, nôtre. C’est vraiment quelque chose de très caractéristique de « l’âme des coréens ».  Ici on ne dit jamais en parlant de son pays, de la Corée, mon pays, mais bien notre pays « ouri nara » ! À la TV, aux nouvelles, c’est toujours de cette manière qu’est présenté le pays. Et puis, si on parle de sa famille, on dira ouri omma, notre mère, notre père, notre grande soeur, etc.  ... et même notre mari ! ce qui nous fait bien rire ... Cet usage de la langue parle de quelque chose de très profond dans le coeur des coréens, tout est nôtre, nous sommes comme une famille ! On apprend peu à peu à découvrir tout cela, loin des individualismes qui étouffent parfois trop nos coeurs occidentaux ! Je pourrais encore vous dire plein de choses sur cette enquête, mais je ne finirais jamais ! Si vous le voulez, je peux vous envoyer le power point en coréen !!!

             Fin février, notre trimestre d’hiver se terminait encore une fois avec nos chers examens écrits, oraux, de listening - toujours le plus difficile pour nous -.  Au moment de la cérémonie de fin de trimestre, très officielle, style confucéen, nous avons toutes les 3 reçu le prix de l’amitié ! Entre les élèves de la classe, on vote qui a été le plus fraternel, le plus aimable pour ses compagnons, etc.

Après cela, nous avions presque 4 semaines de vacances avant le trimestre suivant, celui du printemps. C’est à ce moment-là que nous avons fait notre déménagement.  Nous devions quitter en avril la maison des Srs du Saint-Esprit, et nous sommes depuis fin février dans la maison des volontaires MEP (sur la photo, la maison blanche, sous les arbres), à côté de la maison régionale des Missions étrangères de Paris ... rien de moins !, le centre de cette Société missionnaire qui a donné à la Corée tant de saints missionnaires, les premiers qui sont presque tous morts martyrs ! On se sent vivre près d’une source vive d’amour et de don de la vie pour cette terre coréenne !  En étant dans cette maison pour quelques mois à peine – avant notre départ en septembre à Deajeon, notre diocèse – nous avons eu pas mal d’occasions de rencontrer les Pères missionnaires MEP, les jeunes volontaires qui viennent ici pour un an ou deux (http://mission.mepasie.org/volontariat/temoignages.php) ... des riches échanges !

            

Je termine ici cette longue « première partie » ...

             Suite dans le partage 15, mars, avril, mai, juin 2008 !

 

2ème année en Corée - Hiver 2007- 2008 (partage 14)

“Yahvé dit à Abraham : Quitte ton pays,

Ta parenté et la maison de ton père,

Pour le pays que je t’indiquerai.

Je te bénirai ; sois une bénediction. » Gn 12

 

Séoul, 20 juin 2008

안녕하세요 ! Annyonghasseyo !

Bonjour à chacun de vous,

Plutôt que « Annyonghasseyo ! », il faudrait que je vous dise « Orènmaniéyo » comme disent les coréens lorsque ça fait si longtemps qu’on ne se voit plus, si longtemps que je ne vous ai plus écrit !  Plus de 6 mois sont passés ..., l’année 2007 semble déjà loin, Noël, le Nouvel An occidental et même chinois sont derrière nous, le Carême, la Semaine Sainte, Pâques aussi ... la Pentecôte ... et c’est déjà l’été qui approche, ici comme chaque année avec le mois de la mousson commencé il y a quelques jours ! En essayant de vous partager « l’essentiel » de notre deuxième année au Pays du Matin Calme, vous comprendrez peut-être le pourquoi de ce silence si long ...

            

             Avent 2007

     

La dernière fois je vous quittais en vous souhaitant un heureux temps de l’Avent ! En décembre, bien que j’avais cours chaque jour (du lundi au vendredi, de 9h à 13h), quand Ester et Monika ont commencé leurs vacances d’hiver, nous sommes allé à Paeron pour faire un temps de retraite dans ce sanctuaire très cher à l’Eglise coréenne. Pearon est le lieu d